Le 29 avril 2021 un communiqué de presse de la mairie annonçait un « Plan Vélo ».

Alors que 2021 s’achève, que ce plan vélo peine à tenir ses promesses, et à la veille d’une réunion proposée par la mairie pour de nouvelles annonces, Nice-à-Vélo tenait à revenir sur les objectifs affichés par la MNCA*, faire un bilan de l’année écoulée en termes d’amélioration du réseau cyclable et rappeler l’urgence de satisfaire les demandes des métropolitains usagers de la bicyclette.

Rappelons d’abord quels aménagements de voies cyclables étaient prévus pour 2021 :

  • Des pistes pour relier des communes entre elles, et notamment des liaisons cyclables entre Nice et Monaco, Nice et Carros. Au mois de juillet, 4.5 km de pistes devaient être aménagés entre Nice et Villefranche-sur-Mer.
  • À Nice, des aménagements concernant les axes nord-sud, de part et d’autre de l’avenue Jean Médecin :
  • Côté ouest, poursuite de l’axe Durante-Baquis-Congrés avec un double sens sécurisé entre le tunnel de la Gare Thiers et le tunnel du Congrès.
  • Coté est, rénovation de l’axe déjà existant Alberti-Hancy-Miron.
  • Dans le sens est-ouest, création de pistes sécurisées et bidirectionnelles dans les rues Trachel, Reine-Jeanne et Rouget de l’Isle.

Lors de l’annonce du plan, Nice-à-Vélo avait publiquement manifesté son intérêt pour ses orientations tout en affichant, et c’est bien son rôle d’association qui promeut l’usage du vélo dans la ville, sa volonté de rester vigilante sur leur mise en œuvre. Force est de constater bientôt 8 mois plus tard, alors que seules 2 réunions de travail ont eu lieu, que la concertation avec la mairie via l’interlocutrice en charge de ce dossier a tout de même du plomb dans l’aile.

Qu’en est-il effectivement des réalisations de l’acte 1 du plan vélo ? Dans la plupart des cas, nous faisons le constat que les objectifs pour 2021 en termes de nouvelles pistes cyclables n’ont pas été atteints.

La liaison entre Nice et Villefranche a été aménagée d’une bande cyclable sur 200 m au début du bd Carnot et d’une courte partie sécurisée mais l’ensemble reste insuffisant.

Il n’existe aucune nouvelle de la liaison cyclable entre Nice et le Pont de la Manda.

La bande cyclable unidirectionnelle de l’axe Alberti-Hancy-Miron qui existait déjà a été seulement repeinte.

Les pistes des rues Trachel, Reine-Jeanne et Rouget de l’Isle ne sont pas achevées.

Sans parler de l’état général et de la qualité des infrastructures existantes : pourquoi se contenter d’une piste peinte sur un trottoir sur Avenue Simone Veil alors qu’il y avait la possibilité et la place de faire une piste en site propre et sécurisée au même temps pour les piétons et pour les cyclistes ? Et que dire de l’axe presque impraticable sur les trottoirs du boulevard Paul Montel ?

La métropole s’est engagée à atteindre 10% de part modale en 2026 et un doublement du nombre de kms de réseau cyclable. Quelles sont les modalités de mesure de ces objectifs à Nice ? Il ne s’agit pas de faire des kilomètres cyclables, sans structuration ni continuité.  Actuellement, le rythme de développement du réseau cyclable à Nice, des aménagements et des services n’est pas à la hauteur des objectifs de part modale.

La consultation de la carte du réseau cyclable sur le site de la ville de Nice (https://www.nice.fr/fr/transports-et-deplacements/reseau-cyclable) permet de constater en un regard le déséquilibre entre les différentes zones de la ville en termes de voies cyclables :

  • Pas de pistes cyclables au nord (Gambetta nord vers le stade du Ray via Cessole), à l’ouest et à l’est de la ville (St Roch, Riquier).
  • Les liaisons vers les universités, les lycées n’existent pas !

Or ce sont bien ces aménagements qui permettront à la ville de transformer les modes de déplacement. Et il y a urgence !

Il s’agit aussi de montrer un changement d’état d’esprit : éviter absolument les coupures récurrentes de pistes cyclables sans signalisation en amont ni itinéraires alternatifs proposés (par exemple lors d’événements ou de travaux), concrétiser le projet de « La maison du vélo », verbaliser les automobilistes garés sur les voies cyclables.

Nice-à-Vélo demande donc que la ville réalise dans des délais raisonnables un réseau cyclable dans les zones où il manque cruellement.

Elle demande un outil de suivi public de la mise en œuvre du plan.

Les services métropolitains de la voirie sont engagés dans de lourds travaux d’aménagements et de réfection.

L’article L228-2 du code de l’environnement (loi LOM) impose que ces travaux de voirie comportent l’installation d’aménagements cyclables.

Le 28 avril 2021, nous avions signalé à la mairie les nombreux manquements à l’application de la Loi LOM privant ainsi les cyclistes métropolitains de plusieurs kilomètres d’aménagements plus sûrs. Citons par exemple l’axe Carabacel Desambrois, axe de circulation structurant entre Cimiez et le centre-ville, dont l’aménagement cyclable a été reporté sine-die (en violation de la loi LOM) et dont la réfection a pourtant bénéficié d’un financement spécifique de l’état.

La sécurité est une question centrale, Nice-à-Vélo s’en préoccupe, c’est une condition indispensable pour que les niçois prennent leur bicyclette. Nice-à-Vélo a réalisé en 2021 des actions de sensibilisation des cyclistes aux questions de sécurité, sur des journées d’information et de valorisation de l’usage du vélo dans la ville.

Notre association a réalisé grâce à la participation des cyclistes niçois une carte des zones dangereuses ou dépourvues des équipements nécessaires dans la ville, les continuités à établir sur le réseau (points noirs).  Ce document précis et évolutif a été mis à la disposition de la mairie pour qu’elle puisse établir une priorité sur les travaux à mettre en œuvre au profit de la sécurité des cyclistes.  Malgré cela, nous signalions en septembre par voie de presse également, la détérioration chronique de nombreuses pistes ou voies cyclables, le non-respect par les automobilistes des aménagements pour les vélos et les multiples points noirs que notre association avait recensés et dont l’existence constitue un réel danger pour les cyclistes. A ce jour, la plupart des points noirs signalés n’ont pas été résolus.

Nous attendons maintenant de la municipalité un véritable engagement sur le dossier des zones dangereuses et demandons à être entendus sur les aménagements cyclables dans un esprit de concertation constructive avec les services de la Métropole.

En termes de kilomètres de pistes cyclables, Nice est bien en-deçà des grandes villes engagées dans une évolution de la mobilité : Strasbourg : 600 km, Bordeaux 330 km, Paris : 1100 km, Nice… 84 km. Si l’objectif du plan vélo 2021-2026, financé avec 0,22% du budget annuel de la MNCA, se limite à 159 km, c’est qu’à Nice rien ne change vraiment : la mobilité reste – avec Nice – le point noir de la transition écologique comme le soulignait Madame Corinne Le Quéré, présidente du Haut conseil pour le Climat, dans son message au transition Forum de Nice.  La métropole devrait changer de braquet !

*MNCA : Métropole Nice Cote D’Azur

2021 : un bilan cyclable loin d’être à la hauteur des enjeux, un silence assourdissant de la part de la mairie !

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